Twitter : du réseau social au marketing politique.


Dans le monde des réseaux sociaux, on trouve les bisounours d'Instragam, les engagés de Facebook, les filtrés de Snapchat et...Twitter.
La première fois que tu l'abordes, tu te plantes. Tu l'oublies pendant une période, le détestant presque qu'il t'ai rejeté de la sorte ou du moins qu'il n'ai pas été si abordable que Facebook. Et puis un beau matin, tu prends ton courage à deux mains et tu reviens vers lui. Et là un nouveau monde s'ouvre à toi. Non, ce n'est pas l'histoire d'une romance (quoique ?) mais c'est l'expérience similaire de beaucoup de twittos à leurs débuts.
En effet, aux premiers abords, personne ne voyait l'intérêt d'un réseau où l'expression ne pouvait dépasser 140 caractères (280 aujourd'hui). Quant au principe du hashtag, cela était encore plus flou. Et pourtant. Désormais, la plupart des dirigeants de ce monde ont un compte Twitter où ils sont actifs (#Donald). Ce constat suffit à prouver la puissance qui découle du réseau. Voici donc une série de questionnement qui mérite une attention particulière.

Désacralisation de la parole politique.

Nous avons été témoins de l'affligeant combat qui a été mené entre les divers prétendants au trône pendant la présidentielle française de 2017. Mais nous avons été aussi témoins - plus que jamais - du rôle prédominant qu'ont joué les réseaux sociaux. Et notamment Twitter.

Les politiques - qui arrivent tardivement dans la sphère Twitter - en ont fait les frais pendant leurs campagnes. Entre des partisans maladroits - voir même - encombrants pour Marine Le Pen, un flux sans fin de parodie concernant Macron et le #Penelopegate pour Fillon...Personne n'aura été épargné.
Et c'est peut-être ce qui a rendu la présidentielle 2017 si peu sérieuse et sans véritable débat de fond. Trop occupés à redorer leurs blasons suite à un déchainement incontrôlable sur Twitter à leur encontre, les politiques vedettes se sont perdus dans leur propre campagne électoral.

La singerie interminable a fait de la parole politique une farce. Non pas que cela n'est pas mérité, au contraire. Mais le plus extraordinaire avec Twitter, c'est que très peu de personne le remet en question. Prenons exemple des journalistes : M6, TF1, Le Monde, Konbini, Libération, Figaro (peu garants d'un journalisme digne de ce nom, certes, mais toujours présents dans la sphère médiatique). Tous - sans exceptions - se réfèrent à un moment ou à un autre à "l'avis des Twittos". Un bon quart ne sont pas majeurs, un autre quart retweet simplement des informations, un autre quart sont des trolls (spécialistes en détournement de faits à visée parodique ndlr) et enfin un dernier quart sont des bots (robots). Je grossis le trait, mais l'esprit est là.

Pas étonnant que les jeunes soient de moins en moins convaincus de la pertinence des propos journalistiques et par conséquent de ceux des politiques. En se référant à Twitter pour parler de fait politique, il ne faut pas s'étonner déjà d'une baisse d'intérêt général pour ce sujet et enfin de la désacralisation constante que subit la parole politique.

Une conséquence que l'on pourrait attribuer au fait que la parole n'est plus détenue par une seule élite...

Espace public de parole ou l'expression de la plèbe.

#BalanceTonPorc. Le hashtag - désormais mondialement connu - est l'exemple type de la puissance de frappe dont est capable Twitter. Le harcèlement sexuel - ou non d'ailleurs - n'est pas nouveau. Mais ni personnalités politiques, ni célébrités hollywoodiennes, ni journalistes de la mass media n'ont semblé s'intéresser de près à cette histoire jusqu'à...Twitter. Un hashtag et trois mots ont suffi à retourner le monde - du moins en surface.

"Twitter ce n'est pas le triomphe de la technologie. C'est le triomphe de l'humanité."
Biz Stone

Le triomphe de l'humanité, c'est un peu gros. Déjà, pour ce que vaut l'humanité ces temps-ci. Mais également le revers de la médaille est un peu passé sous silence. 
Avoir été exclu des débats publics n'ont pas aidé les peuples à s'intégrer dans ce corps si élitiste qu'est la politique. Un paradoxe pour des modèles politiques clamant la représentation du peuple. Nécessairement, la création de cet espace virtuel de parole amène un chaos digne des cours de collège. Et c'est là où Twitter réussit son pari et buzz. Car les trois-quarts du temps, on s'ennuie sur Twitter. Et l'ennui amène à des blagues. Et ces dernières amènent à des buzz, des hashtags et finissent par attirer les élèves des autres classes et ainsi se construit une grosse farce monstrueuse. Ce qui s'est passé pour la présidentielle française mais aussi américaine. 

L'expression de la plèbe, qu'elle soit virtuelle ou non, l'élite s'en fou royalement, on ne va pas se mentir. Et quand bien même des propos un tant soit peu intelligibles transgressent la cours de récré Twitter, les médias n'y prêtent pas attention et préfèrent relayer les blagues du jours qui ont buzzé. Une manière de décrédibiliser le réseau entier, faisant passer Twitter pour un grand forum de plaisantins

Et Twitter, ça n'est pas malheureusement que ça. L'histoire de sa création en est la preuve. Les quatre têtes derrière ce concept ont passé leur temps à se tirer dans les pattes et au final on comprend mieux le côté "cours de récré" de Twitter...

Mais certains réussissent à se créer de véritables communautés sérieuses autour de ce réseau. Une communication maitrisée qui amène à se demander :

Twitter, le journalisme d'aujourd'hui ou le marketing politique de demain ?

De véritables communautés se fédèrent tant autour des journalistes (Hugo Clément qui compte plus de 500 000 followers) qu'autour des politiques sans oublier les figures publiques en moyenne général. Et une communauté sur Twitter, ça n'est pas rien puisqu'elle est beaucoup plus active que sur les autres réseaux sociaux, toujours à l'affût du prochain buzz. C'est le côté très "instantané" de Twitter. Tout se sait rapidement et dans l'instant. Ainsi, les news journalistiques sont très facilement accessibles et surtout, les followers ont ce sentiment de communiquer directement avec leur journaliste préféré. Une barrière virtuelle qui s'abaisse très vite dès lors que l'idole en question retweet, follow ou aime un commentaire de l'un de ses followers. Une illusion dès plus banale mais qui fait le job, du moins assez pour que le journalisme et la politique d'aujourd'hui soit remis en question de manière très sérieuse.

Au final, les JT télévisés ne sont qu'un résumé de ce que tout le monde savait déjà via Twitter. Quant aux débats politiques, ils ont lieu plus dans les timeline que sur le plateau télé. Désormais, la communication entre les futurs électeurs et les personnalités politiques amène à une nouvelle forme de marketing...

Et le digne représentant de cette tendance 2.0 reste Mélenchon qui a tenté sa chance avec la création d'une chaine youtube et une présence virtuelle très impressionnante. On peut citer aussi Donald Trump qui semble ne jamais se déconnecter de Twitter à tel point que beaucoup pense que sa victoire est majoritairement due à son utilisation parfaite du réseau.

La réputation d'un politique n'est donc qu'à littéralement un clic pour être annihiler de la pire des manières. Parce qu'une réputation virtuelle bafouée met plus de temps à se reconstruire qu'il y a une dizaine d'années et cela parce que rien ne disparait du web...

Pour en savoir plus 🔎

1) Twitter, nouvel eldorado du marketing politique ? (TheConversation) 
2) Ah bon, Twitter c'est public ? (Slate)
3) Nick Bilton révèle la face cachée de Twitter (Challenges)
4) Twitter a-t-il désacralisé la parole politique ? (LesEchos)
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