Le retour de la France sur la scène internationale ?


À défaut d'avoir une place européenne prépondérante, la France fait parler d'elle à l'international ; plus particulièrement au Moyen-Orient. La crise institutionnelle libanaise, qui cristallise par la même occasion tout le Moyen-Orient, est l'occasion rêvée pour le président Macron de mettre en marche sa vision gaullo-mitterrandienne de la diplomatie française. Une vision confirmée par le déjeuner amical entre le président français et le premier ministre libanais Saad Hariri il y a peu de temps. Ce dernier multiplie les "visites diplomatiques" retardant son retour au Liban suite à sa démission inattendue. Une décision qui engage un bras de fer entre deux puissances orientales : l'Arabie Saoudite et l'Iran. Mais le Liban, qui se retrouve en plein milieu de cette crise, décide de se tourner vers la France. Un acte qui n'est pas sans rappeler divers épisodes historiques qui se sont déroulés entre nos deux pays. 

La France, un médiateur de choix pour le Liban. 

Ancienne puissance mandataire du Liban, la France n'est pas une inconnue dans le paysage oriental, bien au contraire. On se souviendra de Jacques Chirac qui entretenait une relation amicale avec Michel Aoun. Ce dernier trouva d'ailleurs refuge en France lors de son exil en 1991. Un évènement qui trouve un écho actuel. Emmanuel Macron semble suivre les traces de Jacques Chirac en arborant cette même posture amicale à l'encontre du Liban. Evidemment, cette position ne plait pas à tout le monde. L'Iran ne voit pas cela d'un très bon oeil et le fait savoir en déclarant que Macron n'a pas à se mêler de ce conflit. Mais l'occasion est bien trop bonne pour Macron de mettre en oeuvre une diplomatie qui viendrait redorer le blason de la France pour se retirer maintenant. En effet, cette crise ouvre de nombreuses opportunités pour beaucoup. L'absence des Etats-Unis laisse le siège de médiateur vacant. L'Arabie Saoudite, qui a créé de toute pièce la crise en mettant en scène la démission d'Hariri, affirme de manière forte et sans détour sa puissance et surtout expose la nouvelle tête brûlée du pays : l'héritier Ben Salmane

Seul ennui de la diplomatie française au Moyen-Orient : son inconstance. Sa médiation singulière lui ait reconnu mais l'instabilité interne du pays laisse planer le doute quant à sa stabilité diplomatique. La France a toujours été porte-parole de la paix. Or oeuvrer pour la paix sous-entend un certain confort militaire mais également une stabilité interne tant économique que politique. Cela permet d'entamer les médiations confortablement mais surtout d'être pris au sérieux. Une situation qui ne semble pas être présente en ce moment. Car si Macron obtient cette place de médiateur, il ne faut pas oublier qu'il l'obtient par défaut suite à l'absence et le silence des Etats-Unis...

La France, arbitre d'une prochaine Guerre froide ? 

L'Arabie Saoudite d'un côté, l'Iran de l'autre...Ces deux pays sont de grandes puissances régionales aux prédispositions nucléaires et aux soutiens de divers pays. L'Arabie Saoudite, les Etats-Unis, la France et le Liban forme un premier bloc occidental. De l'autre côté on retrouve un Iran soutenu par la Russie et protégeant la Syrie. La démission de Saad Hariri est un premier coup de sifflet lancé par l'Arabie Saoudite que l'on pourrait traduire populairement par "Game on !". Une situation qui n'est pas sans rappeler la Guerre froide entre les Etats-Unis et l'URSS. Deux superpuissances que l'on retrouve une fois de plus au coeur du conflit, même si leurs présences se fait plus tacitement (quoique). Mais la France peut avoir ce rôle très singulier d'arbitre. Un rôle que semble incarner Macron ces derniers temps et avec brio, il faut le reconnaitre. Il n'y a plus qu'à attendre sa manière de gérer l'irritabilité iranienne.
Des airs de déjà vu... Après tout, l'Histoire n'est-elle pas un éternel recommencement ? 

Comptoir Incorrect

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