Nouvelle-Calédonie : vers l'indépendance ?



Alors qu'une partie de la péninsule ibérique vit des affrontements particulièrement violents quand à la possible indépendance de la Catalogne, la Nouvelle-Calédonie s'approche également d'un grand changement. Possession française depuis le 24 septembre 1853, la Nouvelle-Calédonie va peut-être voir son statut changer dans un futur très proche. 

Les débuts de la colonisation 

Une fois n’est pas coutume, la colonisation de la Nouvelle-Calédonie va se jouer entre les anglais et les français. Cette arrivée a pour origine les missionnaires. En effet, les missionnaires anglais de la London Missionary Society décidèrent de christianiser le pacifique. S’en suit alors les frères maristes (catholiques). Chaque congrégation demande alors l’aide de la Maison Mère pour leur venir en aide. L’Angleterre et la France, en rivalité constante, ne se font pas prier. Alors que la présence anglaise dans le Pacifique est non négligeable, celle de la France reste fragile. Un appel à la colonisation reçu donc positivement, de plus que Napoléon III cherche à mettre en place une colonie pénitentiaire. La Nouvelle-Calédonie semble le lieu idéal pour non seulement fonder ce projet mais également assoir un début d’hégémonie française dans le Pacifique. 

Suite à un massacre de plusieurs officiers et hommes d’équipage d’une corvette française, Napoléon III est déterminé à définitivement prendre possession de l’île. Une décision formalisée le 24 septembre 1853 par le contre-amiral Febvrier Despointes qui proclamera la Nouvelle-Calédonie en colonie française. 

La Nouvelle-Calédonie au coeur du débat public

La 2nd Guerre mondiale va engager un processus de décolonisation. Des vagues indépendantistes deviennent de plus en plus importantes dans tout le pays. Mais la période qui s’étendra de 1984 à 1988, période dite des « Événements » va véritablement placer la question de la Nouvelle-Calédonie  au centre du débat public. La période de guerre civile qui opposera partisans et opposants à l’indépendance, sera marquée par de nombreux morts dans les deux camps mais surtout elle atteindra son paroxysme de violence lors de la prise d’otage d’Ouvéa en 1988

Suite à ce massacre, les accords de Matignon virent le jour. Ces accords prévoient notamment une période de développement de dix ans avec des garanties économiques et institutionnelles pour la communauté Kanak. Le véritable but de ces accords est surtout de préparer le pays d’une possible autodétermination. Un second accord (l'accord de Nouméa) viendra compléter les dispositions de Matignon en prévoyant notamment un scrutin d’autodétermination pour la Nouvelle-Calédonie qui sera organisée entre 2014 et 2018. 

Ce qui nous amène au sort de la Nouvelle-Calédonie à l’heure actuelle. Jean Jacques Urvoas, ancien garde des Sceaux, a livré ses réflexions autour des différentes issues possibles du scrutin à venir. Le futur de la Nouvelle-Calédonie peut se matérialiser soit en un état associé, soit en un état fédéré. Des alternatives qui pourraient convenir tant aux indépendantistes qu’aux non-indépendantistes. 

Néanmoins, les divisions qui sévissent entre les indépendantistes et les non-indépendantistes ne favorisent en rien le dialogue et surtout la communication. De ce fait, les 190 000 électeurs qui seront amenés à voter en 2018 regrettent un manque cruel d'information quand à l'importance que ce scrutin représente. Un manque de pédagogie qui réduit ce scrutin capital à un scrutin sans importance...

Pour aller plus loin 

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