Politiques vs Journalistes : entre rivalités et connivences.


Les deux grands corps qui font et défont les opinions publiques sont-ils vraiment si différents ? Il semble que l’un comme l’autre ne fasse plus l’unanimité auprès de la population - ou pire - ils sont confondus. La subjectivité non-assumée des médias et le décalage des politiciens y jouent un rôle important.

Le flux de l’information actuel est de plus en plus important. Les réseaux sociaux contribuent à cette abondante actualité. Un rôle prépondérant qui mal mène les journalistes - particulièrement politiques. Ce nouvel outil qu’est internet pousse ces derniers à mettre en place plusieurs techniques afin de maintenir leurs exclusivités quitte à utiliser les informateurs internes à la politique et rejetant toute objectivité éventuelle. 

La « manipulation des masses » - pour utiliser un terme générique - devient essentielle pour servir les avantages de l’un comme de l’autre. L’opinion publique devient l’ennemi commun qu’il faut absolument convaincre si les politiques veulent garder leurs privilèges et les journalistes leurs prérogatives de « vox populi ».

Une rivalité persistante

La tentative d’Emmanuel Macron quant aux choix des journalistes qui auraient dû être accrédités pour ses déplacements, à engendrer une levée de bouclier attendue. Cette réaction de la presse laisse entendre une rivalité persistante entre les politiques et les journalistes. Même si l’Elysée s’est défendu d’un « verrouillage de communication », cette tentative donne l’apparence d’une offensive peu camouflée. Mais alors d’où vient cette rivalité qui semble coller à la peau de ces deux corps ? Cela pourrait être expliqué par le fait que les deux se prétendent légitime à la représentation du peuple. Alors que les politiques ont du mal à garder cette légitimité auprès du peuple, les journalistes s’empressent de reprendre le rôle en engendrant des articles toujours plus offensif à l’encontre de la caste politique. Or, depuis quelques années maintenant, le phénomène s’empare de la presse en leur retirant cette légitimité qui - elle - n’est en rien acquise par un quelconque vote. Mais si le peuple ne place plus sa confiance - si tel n’a jamais été son espérance - à qui revient le privilège de parler au nom de ce peuple ? Cela nous amène à penser qu’il y a naissance d’une connivence sans équivoque. 

Une connivence opaque 

Une connivence apparait rarement sans raison. Généralement elle découle d’une envie de lutter contre un même ennemi en raison d’un affaiblissement interne. D’où vient cet affaiblissement ? Nous avons évoqué la prépondérance des réseaux sociaux engendrant un manque de communication entre les journalistes de la « mass media » et la population, mais un ennemi peut en cacher un autre. On peut citer les lobbys par exemple. Ces groupes d’influences - à la moralité douteuse - disposent d’une influence extrêmement importante. Ils sont 15 000 groupes revendiquant mener des actions de lobbyisme en Europe. Ces groupes possèdent naturellement des pressions importantes sur les députés européens lors de leur votation au Parlement. Il en est de même en France même si ces pratiques sont condamnées et donc discrètes. Un lobbyisme actif politiquement est également efficace au niveau du journalisme. Ces derniers ont généralement besoin de rapports d’experts afin d’écrire leurs articles. La fréquence à laquelle doit être écrit ces articles laissent peu de temps en réalité aux journalistes de diversifier leurs sources. Ces rapports d’experts sont souvent financés par de grands groupes privés…lobbyistes. Politiques comme journalistes finissent par être sous la coupe d’un même centre de pression. L’un comme l’autre sont plus ou moins contraints de s’entraider s’ils veulent délivrer une information toujours plus rapide et efficace, et surtout indépendante. 

Une solution possible 

L’objectivité de plus en plus accessoire, les solutions pour retrouver la confiance aux seins de l’opinion publique sont rares. Tout le monde sait que les opinions populaires sont généralement fabriquées de toute pièce par des centres privés influents. Comment lutter contre ces grands groupes qui ne dépendent ni d’un financement étatique ni d’une représentation journalistique ? Et bien assumer sa subjectivité serait un premier pas vers la réconciliation entre journalistes, politiques et le peuple. C’est le pari lancé par les médias alternatifs qui foisonnent de toute part et exercent leur information grâce à des financements participatifs. Il est vrai que des grands groupes tels que Le Monde ou Le Figaro sont connus pour leur orientation politique à cause de leur direction et leur financement. Mais des médias alternatifs financés par le citoyen lui-même répond à une liberté d’expression qui se fait de plus en plus rare. Accepter à voix haute et forte la subjectivité de son journal en affirmant sa parenté politique aiderait peut-être la population à s’orienter plus facilement. Car répondre à une bien pensance commune telle qu’elle est relayée actuellement (les exemples sont nombreux de mitraillage médiatique à l'encontre de personnalités ou de récupération médiatique d'évènements) ne fait qu’amplifier le dégoût du peuple pour les « élites » journalistiques et politiques. Un dégoût qui pourrait vite mener à des crises internes sans retours.  

Pour aller plus loin

1) Politiques et journalistes " La connivence est irréversible" 
2) Journalistes et lobbyistes : les meilleurs ennemis ? 
3) Relations entre journalistes et politiques
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