Livre du mois : Paradis perdus


Comment faire comprendre à des occidentaux les conflits qui prennent place au Moyen-orient ? Comment les intéresser à des troubles géopolitiques qui dépassent l'entendement ? Autre le fait que l'on puisse s'y perdre facilement tant il y a de protagonistes et de dates clés à retenir, la distance géographique et l'écart culturel fait qu'il n'est pas aisé de prendre conscience de l'importance des évènements qui se déroulent là-bas. On aurait même tendance à croire que cela ne nous concerne pas

Pourtant, c'est le pari osé de Josselin Monclar avec son livre Paradis Perdus. Nous faire comprendre dans un premier temps le conflit libanais mais également nous faire ressentir de l'empathie pour un peuple dont le destin a dépendu de la France.

L'histoire est relativement simple : Un étudiant français découvre le Liban via un ami qui l'accueillera plusieurs fois au sein de son pays. L'amitié laisse place bientôt à de l'admiration pour le peuple libanais. À chaque séjour, le jeune home tombe peu à peu amoureux de la ville de Beyrouth et de ses habitants. C'est un Liban d'après-guerre, un Liban qui panse ses plaies entre deux trois guerres ponctuées d'aléas de paix, un Liban qui cicatrise doucement de ses blessures, un Liban finalement qui se laissera mondialiser. 

Malgré deux trois chapitres au pathos très intense (mais nécessaire à la création d'empathie), le reste du livre reste un bon condensé de l'histoire contemporaine du Liban. Cependant, des notions historiques et géographiques sont tout de même nécessaires pour appréhender le livre dans sa totalité. 

L'auteur arrive à décrire l'essence même de ce pays par sa plume, sa vision et son histoire. Car malgré l'intermédiaire d'un protagoniste différent de sa personne, l'histoire n'est pas très loin de celle vécue par l'auteur. Il y côtoie des libanais de tous bords, leurs versions de la guerre, leurs sacrifices, leurs peurs mais surtout leurs survies. 


" Ils ont oubliés que lorsque l'on est responsable d'une nation, il n'est pas acceptable de vouloir le bien jusqu'au mal."

Ici, il n'est pas question - pour une fois - de se flageller pour ce que l'on a fait mais de ce que l'on n'a pas fait. Car oui, la France et le Liban ne sont pas totalement étrangère l'une à l'autre. Nous avons par ailleurs une histoire commune. Nous avons - en tant que français - influencé de manière importante ce pays via la communauté maronite notamment. 

À lire impérativement, jusqu'à la fin où le portait de la France est peint par des libanais qui ne savent que trop bien où notre quête - noble certes, mais complètement idéaliste - du brassage multi-confessionnel va nous amener. C'est donc une prise de conscience qui émane en tournant la dernière page. Par cette approche subjective - puisque construite sur les expériences de l'auteur - c'est une comparaison inconsciente que l'on se fait inévitablement avec notre pays. une théorie qui tout le long du livre et de l'histoire du héros ne quitte jamais vraiment nos pensées. Et si - nous aussi - nous commettions les mêmes erreurs ? Et si - nous aussi - nous entrions dans un conflit sous-jacent inter-confessionnel ? Et si - nous aussi - nous nous laissions aveugler par notre fierté et notre orgueil tout occidental à croire que nous seul pouvons contenir les plus grandes haines au nom de la déclaration des droits de l'Homme, de la laïcité et de la République ? Et si - nous aussi - nous finissions comme le Liban ? Le simple reflet de notre grandeur passé, un rêve d'éternité brisé, un paradis perdus ?  
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