Du pain et des jeux


"Panem et circenses" aura été le mantra de l'Empire romain lui assurant ainsi une longévité record de 1000 ans. C'est le poète latin Juvénal qui introduisit cette expression - satire des jeux du cirque mis en place par Rome pour contenir une foule en période politique trouble. 
Une expression qui vient rappeler de manière condescendante l'esprit des peuples : bêta au point que du pain et des jeux lui suffisent à vivre. Cela fait sourire n'est-ce pas ? 

Si je vous dit : Neymar est racheté par le PSG pour 222 millions d'euros. Même Valerian et Avengers auront coûté moins cher. Paris est désormais la seule en lice pour héberger les JO en 2024. Des sondages par RTL et Winamax sont organisés en France pour savoir si les français préfèrent que les jeux soit hébergés à Paris en 2024 ou 2028. Le Gouvernement aurait pu organiser un referendum à ce rythme là...
Autant d'éléments que l'actualité met en avant de façon outrancière sans vraiment analyser le fond de toutes ces décisions. Il y a de quoi se demander si les jeux ne deviendraient pas de plus en plus l'opium du peuple (à défaut d'avoir une religion). 


Derrière cette expression, plusieurs choses se cachent. D'abord, "du pain et des jeux" peut renvoyer au mécanisme souvent employé par les divers gouvernements pour faire passer leur réforme peu appréciées de l'opinion publique. Une stratégie qui répond à quelques règles : distraction, dégradation, infantilisé, émotion et complaisante médiocrité. 

En bref, la théorie repose sur le fait que le peuple doit être distrait par un flux continuel d'information plus ou moins insignifiante. Ensuite, les mesures jugées "inacceptables" sont progressivement mis-en-place de manière différé pour passer inaperçu au sein du flux médiatique. Lorsqu'une mesure est vraiment trop impopulaire, il suffit de placer un petit "c'est dur mais nécessaire pour l'avenir du pays" pour culpabiliser le citoyen. Il suffit également d'infantiliser les citoyens en leur parlant toujours de la même chose avec des mots simples et inutiles. On saupoudre tout cela d'émotion à tout va et on les force à se complaire dans la médiocrité ambiante offerte. 

Le pain et les jeux sont là pour accentuer le processus laissant portes ouvertes aux gouvernements de faire plus ou moins ce qu'ils veulent sans que cela ne soit véritablement décrypté par la population. 


C'est une première analyse un peu brute qui est faite ici de l'expression mais qui a été véritablement utilisé par divers systèmes depuis la nuit des temps. Cependant, l'expression peut également être le fruit d'une analyse géopolitique bien plus interessante que le simple fait d'abrutir un peuple. 

"Le sport, c'est la guerre" ou Géopolitique des JO est un article écrit par Pascal Boniface en Août 2004 paru dans le Monde diplomatique qui exploite cette analyse. Il met en lumière le côté complètement géopolitique et diplomatique qui se cache derrière l'organisation des JO. Une distraction populaire qui influe de manière insidieuse sur le moral des "troupes citoyennes". 

Autre le côté fédérateur des jeux (Athènes en 2004 réunira près de 4 milliards de téléspectateurs),
c'est l'idée d'un champ de bataille qui émerge. 

"L'idée olympique de l'ère moderne symbolise une guerre mondiale qui ne montre pas son caractère militaire ouvertement, mais qui donne à ceux qui savent lire les statistiques sportives un aperçu suffisant de la hiérarchie des nations." 

Les JO seraient pour P.Boniface une véritable "tribune d'expression et de revendications politiques" dont "l'exclusion reste une menace de châtiment suprême". Nombre pays au fil des années olympiques ont décidé de boycotter des participants à cause d'action politique qui ne leur convenait pas. Faire partie des JO était alors un gage de faire partie intégrante des puissances mondiales et de pouvoir montrer sa force de frappe à travers ses citoyens. Une utilisation très diplomate cachant derrière elle la menace d'une guerre qui est jusqu'ici contenue avec comme arbitre le CIO. 


Alors opium ou véritable outil de géopolitique indispensable au fonctionnement de nos Etats, les jeux restent un éléments indissociables de notre culture. Ils sont souvent le symbole d’une cohésion nationale qui n’existe plus depuis fort longtemps. Ils sont également le symbole d’une diplomatie maitrisée par les pays qui en profitent pour aiguisée leur relations internationales. Mais cela reste valable que pour les grands événements sportifs du monde. L’opium - elle -  ne se retrouverait-elle pas à échelle régionale ? 


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