The handmaid's tale : la pérennité de nos droits remise en question.


Faisant le portrait d’une société dystopique - dans laquelle le taux de natalité est si faible que la population est contrainte d’oublier ses droits les plus fondamentaux et de revenir à un système purement primaire de reproduction - la série dépeint une réalité pas si inconcevable. 

Cela pourrait être le prélude d’une société sous état d’urgence, par exemple. La suspension temporaire de nos droits sous couvert d’une vigilance qui se doit d’être accrue suite à un ou des événements fortuits prévient inévitablement à un potentiel totalitarisme. The handmaid’s tale, c’est l’histoire de cette réalité. Une suspension « temporaire » de certain droit, le temps qu’une secte prenne le contrôle et instaure son oligarchie. 

Digne héritière de 1984 de George Orwell et idole des jeunes, Margaret Atwood livre un roman d’anticipation dépeignant la vie d’une jeune femme réduite à être un « ventre sur patte » destinée à la reproduction la plus primaire. Le fatalisme ambiant régnant sur le livre - et la série - révèle d’une acceptation générale de l’inacceptable de la part d’une société pourtant considérée par tous et depuis fort longtemps comme l'exemple type de l'esprit démocrate. 

La série se démarque par sa voix off également, singularité dans le monde des séries. Les états d’âmes les plus sombres de la protagoniste nous sont partagés laissant place à un malaise des plus absolu. L’utilisation de cette voix off permet de nous plonger dans les entrailles mêmes du personnage central et nous permet de trouver la réponse à cette question qui bouscule nos idées tout le long de la série : comment en est-on arrivé là ? 


Le roman dystopique a toujours eut le vent en poupe de part son universalité. Tout le monde s’identifie à des personnages qui brusquement se retrouvent démunis de tout - jusqu’à leur prénom. 

Dans The handmaid’s tale, la dystopie va plus loin puisque le corps - jugé fertile - d’une femme sera le symbole ultime de la dépossession puisqu’il est utilisé à des fins reproductives sans que la femme est quoique ce soit à dire. 

Tout les éléments les plus basiques de la mise en place d’un régime totalitaire sont également repris : l’humiliation, la propagande, l’exemple par le sang, l'utilisation d'un leader…Des exemples qui ne sont pas si éloignés que cela dans notre Histoire commune. Et c'est d'ailleurs cette consonance connue qui nous tient en haleine durant toute la série. Du vécu que des générations encore vivantes aujourd'hui ont connu. 

La série trouve un écho particulier à l’heure actuelle dû notamment à l’extrême féminisation que la société expérimente aujourd’hui. Extrême féminisation qui - quand bien même se veut égalitaire - impose tant aux femmes qu’aux hommes un style de vie et une mentalité jugée bien pensante. Une bien pensance qui peut vite tourner mal comme cela a été le cas dans The handmaid’s tale qui reprend cet exemple de société hyperféminisée. Malgré des droits protégés par une Constitution - comme cela est le cas dans la série - l’urgence d’une situation naturelle contraint l’Homme à faire ressortir son état le plus basique d’animal en recherchant à se reproduire coûte que coûte. Au-delà de l’obscurantisme religieux et de l’emprise masculine qui ressort de la série, c’est la nature profonde de l’être humain qui est mise en lumière. 


Alors la morale de cette série se résumerai rapidement : le combat pour des droits ne peut être que perpétuel. Ce combat est universel et malheureusement, des droits aussi fondamentaux qu'essentiels tels que "les hommes naissent libres et égaux en droits" ne sont que des lettres écrites par des hommes et par principe : l'Homme défait. 


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